Ferrari 250LM #21 ‣1965

24 heures du Mans 1965 - Ferrari 250LM#21 - Pilotes : Johen Rindt / Masten Gregory - 1er

24 heures du Mans 1965 - Ferrari 250LM#21 - Pilotes : Johen Rindt / Masten Gregory - 1er

La Ferrari 250LM Fly n°21 des 24 heures du Mans 1965

La Ferrari  250 LM 5893 est la seule en 1965 a être carrossée avec un nez allongé et une prise d'air étroite. Engagée par le North American Racing Team, la voiture est confiée à l'expérimenté Masten Gregory qui étrenne sa dixième participation au Mans sans interruption depuis 1955, et au jeune espoir autrichien Jochen Rindt. Déjà vu sur Ferrari au Mans, le concessionnaire de Pittsburgh Ed Hugus est le pilote suppléant.  Qualifiée en 11ème position en 3'45"7, elle est la mieux placée des cinq LM engagées.

Victoire au Mans 1965

Victoire au Mans 1965

Jochen Rindt fait un bon départ. Il passe 9ème sous la passerelle Dunlop, puis en 6ème position au premier tour. Toujours bon 8ème à la fin de la première l'heure, l'autrichien grimpe au 3ème rang grâce aux arrêts des leaders. Mais à 17h38 tout se gâte lorsque la LM s'arrête pour son premier ravitaillement. Le démarreur reste bloqué et Gregory repart avec deux tours de retard, conservant malgré tout une hon­nête 11ème place au terme de la 2ème heure. Une heure plus tard, la LM est déjà remontée en 7ème position, mais il semble que le glas va sonner pour le NART lorsque Masten s'arrête prématurément en se plaignant de son moteur.

Heinz Pruller, ami et biographe de Rindt raconte la suite : "Masten s'arrête trois tours plus tôt que prévu et rapporte : Le moteur ne marche plus qu'avec six cylindres au lieu de douze, le distributeur doit être cassé".  Chinetti et son chef de course Johnny Baus émettent un autre diagnos­tic : "Tu as certainement trop poussé et usé les soupapes". Gregory proteste, Rindt est envoyé faire un tour exploratoire et confirme qu'une seule rangée de cylindres fonctionne encore. Chinetti se demande s'il ne doit pas retirer la voiture, Gregory obtient que sa supposition soit du moins vérifiée, Rindt a disparu.

On découvre en effet un condensateur brisé, le distributeur sera changé... lorsqu'il est temps pour Jochen de prendre la Ferrari, Masten le trouve dans le camp des coureurs, derrière le stand, habillé et prêt à partir en taxi. "Où diable crois-tu aller ?" lui demande son coéquipier. "Mais voyons, Masten, pour nous la course est finie, il n'y a plus rien à gagner".  La voix grave de Gregory se fait suave comme celle d'un conjurateur : "Est-ce que tu es fou ? Il y a tout à gagner, si nous n'avons plus d'autres problèmes... OK, concède Jochen, alors je continue mais à une condition : je roule à plein tubes, aussi vite que je peux jusqu'à la dernière heure". (Extraits de Rindt Champion du Monde - éditions Solar).

La réparation a couté près de 25' et à 20 heures, la LM a chuté au 18ème rang. Reparti à fond de train, Rindt remonte rapidement en 13ème position, malgré un moteur qui a perdu des tours. Au cours de la 8ème heure, on procède à un changement des pneus et des plaquettes, ce qui fait chuter la LM en 14ème position derrière la 275 GTB. Une heure plus tard, Gregory/Rindt ont regagné cinq places. À la 10ème heure, les voilà 6ème, puis 3ème une heure plus tard et 2ème à la mi-course, à deux tours de la numéro 26. Une place qu'ils occupent jusqu'à la 16ème heure, lorsqu'une nouvelle réfection des freins leur coûte une place.

Les ennuis de Guichet/Parkes leur permettent de retrouver le second rang à la 18ème heure et de se lancer à la pour­suite de la LM de tête. Rindt semble en mesure de porter l'estocade quand la crevaison de Gosselin lui offre la première place peu avant 13 heures. Après un nouveau changement de pneus et de plaquet­tes, Gregory repart vers la victoire. A chaque relais, les méca­niciens, pudiques, éviteront de contrôler le mouchard du compte-tours. A une heure de la fin, le différentiel manquera de perdre ses dents, ce qu'il fera d'ailleurs peu après l'arrivée. Pour cette 10ème participation, Gregory obtient, à 33 ans, la plus belle victoire de sa carrière. Pour Rindt, alors jeune pilote de F1 chez Cooper, ce n'est qu'une étape vers la gloire. Ed Hugus monte également sur le capot de la LM, mais pas sur le podium. Le pilote suppléant a t-il pris un relais nocturne comme il l'a raconté longtemps après ? Cela fait partie des mystères de la nuit des 24 heures...

Le "Two Fingers Salute" de Masten Gregory

Le "Two Fingers Salute" de Masten Gregory

Du haut du podium échafaudé à la hâte sous la pendule Dutray, Masten inflige un "Two Fingers Salute" (un doigt, en français !) à quelques amis (peut-être de chez Ford ?). Geste provocateur et ironique que Steve McQueen reprendra dans son film Le Mans et dont la signification remonte à la guerre de 100 ans, lorsque les français avaient pris la délicate habitude de couper deux doigts aux archers anglais faits prisonniers.

La Ferrari 250 LM Fly F053106

En 2008 Fly annonce à son catalogue la Ferrari 250 LM. C'est la première version moderne de cette voiture après les reproductions anglaise d'Airfix et américaine de Monogram des années 60. Le moule est un peu rondouillard et ne traduit pas la finesse de la voiture. Le modèle de Fly reproduit la version classique à nez court alors que 5893 est carrossée avec un avant long et une prise d'air plus petite. La version des 24 heures du Mans 1965 a été présentée tardivement par Fly alors qu'elle est la plus glorieuse des LM et que la décoration est extrêmement simple sur ce modèle.

Ferrari Fly F053106

Ferrari Fly F053106

Sur la piste, une fois l'aimant retiré, le moteur transversal présente l'inconvénient de délester l'avant et il est nécessaire de placer un lest pour équilibrer les masses et obtenir un bon comportement. Au niveau des performances, la Ferrari avec des voies étroites et son centre de gravité assez haut n'est pas à la hauteur de son glorieux modèle.

Une autre reproduction ...

Ferrari 250LM n°21 Racer Le Mans 1965

Ferrari 250LM n°21 Racer Le Mans 1965

Racer, fabricant italien, a mis à son catalogue la Ferrari 250LM numéro 21 des 24 heures du Mans 1965 sous la référence RCR17. Moulés en résine et extrêmement détaillés, les modèles de Racer sont destinées aux collectionneurs exigeants. Equipés de moteurs et de transmissions Slot.it, ils sont à la fois très performants sur la piste et parfaitement fidèles à la réalité.

Trois générations de Ferrari 250 LM - Airfix, Monogram, Fly

Trois générations de Ferrari 250 LM - Airfix, Monogram, Fly

Ferrari 250LM châssis n° 5893

24 heures du Mans 1965 - Ferrari 250LM#21 - Pilotes : Johen Rindt / Masten Gregory - 1er